Situé à l’extrême pointe Nord-Ouest de la Province de Liège, Racour touche aux anciennes communes de Linsmeau, Lincent, Pellaines, Neerheylissem, Neerwinden, Overwinden et Landen. La localité fait actuellement partie de la commune de Lincent. Elle  est donc presque entièrement entourée par le Brabant wallon et flamand. Seule la trouée du Sud-Est la rattache à la Province de Liège dont nous dépendons depuis 1830.

Confondus jadis dans la région des "Landen", terre de culture, l’actuel territoire de la commune s’étendait sur une terre boisée et inculte que l’histoire a dénommé "la forêt charbonnière". Les plus anciennes populations ayant habité notre aire géographique sont peut-être des Celtes, hypothèse plausible si l’on accorde une importance à l’appellation d’une de nos campagne : A la longue pierre ?

Toujours est-il  que des peuplades d’outre-Rhin, les "Bétases", occupèrent très vite nos campagnes, s’adonnant à l’agriculture et à l’élevage. A l’arrivée des troupes romaines, la colonisation de notre région est donc déjà faite. Les Romains prirent possession de nos terrains, laissant de ce passage de nombreux vestiges, ainsi qu’en attestent  des tumuli dispersés, dont la plupart se sont maintenus jusqu’à nos jours et dont le plus connu est  sans conteste la tombe de Wamont. Le Timikè, situé près du cimetière, a été « rasé » il y a quelques années…

Un réseau de sources situé au Naetsenbosch constituait à l’époque un centre vital pour la population qui vivait en nomade avec le bétail.

Les Romains ont créé chez nous, pour le besoin des armées un immense réseau de routes ou diverticulum dont il nous est resté "la vieille chaussée en Fleussu" ou "chemin des hauts fossés".

Au 5ème siècle, de nouvelles populations, les Francs, s’installèrent chez nous; le chef de la tribu devient propriétaire de sol et distribue ses terres entre des hommes libres, ses compagnons d’armes.

Un de ces hommes, du nom de Ratzo, retint en partage les terres constituant notre village. Cette demeure, nouvellement créée, devint cour de Ratzo, d’où l’origine du nom de notre localité : Ratzo Curtis, devenant Racour.

Le duc de Brabant, possédant d’immenses fiefs dans Racour, décerna ceux-ci, à titre de possession à un seigneur noble, à condition de lui prêter main-forte. Ainsi s’établit la seigneurie de Racour.

 

la_seigneurie_de_racour

La Seigneurerie, était sans doute située sur une surface délimitée par les actuelles rues de la Forges, de Pellaines et du Maréchal.

D’où également l’origine de la dénomination néerlandaise: Ratzo hoeve donnant Raetshoven.

Les ducs de Brabant dotèrent Racour d’une charte importante datant de 1233. Celle-ci accordait à nos ancêtres, entre autres, la suppression du droit de main-morte et le droit de nommer un forestier ou garde-champêtre.

Sceau des seigneurs de RacourLes seigneurs de Racour possédaient également leurs sceaux dont nous voyons ici une reproduction.

D’autre part, le duc Jean de Brabant voulut récompenser les chevaliers brabançons pour leur bravoure. Il remit la ferme de Racour, au rang d’avouerie, ou cour de justice, au seigneur de Meldert. Cette avouerie passa de la famille de Meldert à la famiulle De Winde, puis à diverses autres familles, dont nous voyons, jusqu’à la Révolution française

Au point de vue linguistique, Racour était autrefois un village germanique. En effet, si l’on s’en réfère aux actes officiels, les noms des lieux ou toponymes sont presque exclusivement flamands : Naetsenbosch, Cruysboom en sont les exemples les les plus marquants encore à l’heure actuelle.

Les registres de la population conservés au presbytère depuis 1640 sont rédigés en latin et en flamand. En 1740 cependant la forme Racour remplace le vocable germanique et les archives sont tenues en français. On peut donc conclure que la francisation est définitive dans le 2ème quart du 18ème siècle.